12/5/2021

Qu’on mette fin aux violences à Jérusalem Est : pas de paix sans justice !


Depuis des jours et des nuits, des affrontements d’une rare violence opposent la police israélienne, l’armée et les « colons » qui veulent à tout prix l’expulsion de dizaines de familles arabes de Jérusalem Est pour occuper leurs maisons. Pourquoi ? Parce qu’en vertu de plusieurs lois votées par le parlement israélien, des biens appartenant […]

Share


Afficher l’image source

Depuis des jours et des nuits, des affrontements d’une rare violence opposent la police israélienne, l’armée et les « colons » qui veulent à tout prix l’expulsion de dizaines de familles arabes de Jérusalem Est pour occuper leurs maisons. Pourquoi ? Parce qu’en vertu de plusieurs lois votées par le parlement israélien, des biens appartenant aux arabes ont été déclarés vacants ou abandonnés et donc susceptibles d’être rachetés ou attribués aux colons qui en ont fait la demande.

Du point de vue de la loi israélienne l’éviction des familles arabes s’annonce comme parfaitement légale (sous réserve de ce qu’en dira d’ici quelques jours la Cour suprême israélienne). Du point de vue de la loi internationale et de la morale elle ne l’est absolument pas car il s’agit d’acter une fois de plus l’annexion par Israël, via des familles de colons autorisés ou encouragée à ce faire, de territoires occupés en 1967 et dont le statut n’est toujours pas réglé.

Nombre de conventions internationales, résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, rapports des représentants spéciaux du Secrétaire général de l’ONU l’ont dit et répété : un territoire « occupé » ne peur pas être « annexé » par la puissance occupante et dehors d’un règlement du conflit en bonne et due forme avec l’ancien belligérant (en 1967, la Jordanie) ou dans le cadre d’un accord global de paix qui doit tenir compte de l’existence, depuis les Accords d’Oslo, d’une Autorité palestinienne ayant juridiction sur la Cisjordanie et Gaza.

Nous en sommes encore loin et – quelles que soient les responsabilités des uns et des autres, dans un interminable et sanglant « ping-pong » d’actions des uns et représailles des autres – Israël continue de multiplier les « faits accomplis » qui rendent le règlement pacifique du conflit virtuellement impossible. Les expulsions « légales » de ces jours-ci ne sont que l’énième épisode d’une très longue série d’actes planifiés et exécutés dans le but d’étendre l’emprise territoriale d’Israël sur les territoires occupés, en y installant souvent des « colons » aux convictions fondamentalistes voire franchement racistes, de morceler le territoire palestinien ou d’en briser la continuité territoriale.

Comment dès lors envisager sérieusement de « rendre » aux Palestiniens leurs terres si celles -ci auront été « légalement » acquises par des colons qu’ils sera virtuellement impossible de déloger de là ? Et comment envisager une cohabitation des deux peuples sur les « mêmes » terres si celle-ci font l’objet depuis 1948 de disputes légales sans fin, sans qu’Israël reconnaisse la primauté du droit international pourtant clairement dit par la Cour Internationale de Justice de La Haye ?

Des voix courageuses se lèvent encore, en Israël, pour demander que la justice, l’humanité et les droits de l’homme redeviennent les seuls paradigmes de l’action de l’État dans la recherche de la paix, sincèrement et honnêtement. Ces voix sont minoritaires mais elles font honneur à Israël. La Communauté internationale peut encore se rallier derrière la bannière de la paix juste, que les fanatiques des deux camps continuent de rejeter.

Il n’est pas trop tard pour faire taire les armes, arrêter les violences de part et d’autre, comme l’ont répété les responsables des Églises chrétiennes à Jérusalem : « nous demandons à la communauté internationale, aux Églises et à toutes les personnes de bonne volonté d’agir pour que ces provocations cessent et de continuer à prier pour la paix de Jérusalem. Nous nous joignons à l’intention de prière du pape François ‘pour que l’identité multi-religieuse et multiculturelle de la Ville Sainte soit respectée et la fraternité l’emporte’ ». Samedi 15 mai, réunissons des cercles de silence pour espérer la paix, elle a besoin de nous.

Alfonso Zardi

Share