01/10/2014

Réfugiés : “Européens, ouvrez vos cœurs !”


Un an après un énième naufrage où 368 migrants avaient trouvé la mort au large de Lampedusa le 3 octobre 2013, le pape François a reçu une quarantaine de survivants et proches de victimes le 1er octobre 2014 au Vatican. Le pape a lancé un appel à tous les hommes et femmes d’Europe à ouvrir les portes de leur cœur. “Je voudrais dire que je suis proche de vous, je prie pour vous, je prie pour que les portes fermées s’ouvrent !”

Share


Le pape rencontre des survivants du naufrage de Lampedusa

 

 

Le pape François lance un appel à « tous les hommes et femmes d’Europe » à « ouvrir les portes de leur cœur » aux réfugiés.

 

Un an après un énième naufrage où 368 migrants avaient trouvé la mort au large de Lampedusa (3 octobre 2013) le pape François a reçu une quarantaine de survivants et proches de victimes, de 16h30 à 17h, ce mercredi 1er octobre 2014, au Vatican.

 

Il les a salués un par un personnellement, avant de leur adresser quelques paroles, rapportées par le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, dans une note publiée en fin de journée.

 

« Je ne peux exprimer ce que je ressens car je ne trouve pas les mots. Tout ce que vous avez souffert se contemple dans le silence, en pleurant et en cherchant la façon d’être proches de vous », a déclaré le pape.

 

Il a souligné aussi les difficultés des survivants : « Parfois quand il semble qu’on est arrivé au port, il y a des choses très dures. On trouve des portes closes et on ne sait pas où avancer. Mais il y a beaucoup de personnes qui ont le cœur ouvert pour vous. La porte du cœur est la plus importante dans ces moments-là. »

 

Le pape a lancé un appel à « tous les hommes et femmes d’Europe » à « ouvrir les portes de leur cœur ». « Je voudrais dire que je suis proche de vous, je prie pour vous, je prie pour que les portes fermées s’ouvrent ! », a-t-il ajouté.

 

La délégation était composée de 37 Erythréens, ayant trouvé refuge dans des pays européens (Allemagne, Suisse, Norvège, Hollande, Danemark). D’autres survivants sont en route pour s’unir aux commémorations qui auront lieu à Lampedusa le 3 octobre.

 

Certains réfugiés ont pris la parole pour remercier le pape, confier leurs préoccupations et lui demander son soutien. Les participants lui ont offert une sculpture en métal représentant une bouteille contenant une famille, dans la mer.

 

L’événement était organisé par le “Comité 3 octobre”, présidé par Tareke Brhane, accompagné par Mgr Konrad Krajewski, aumônier pontifical, et par le P. Giovanni Lamanna, président émérite du Centre Astalli des jésuites pour les réfugiés.

 

Le pape s’est rendu à Lampédouse, où échouent et débarquent, ou font naufrage, des milliers d’immigrés et de réfugiés partis des rivages d’Afrique, le 8 juillet 2013.

 

Le jour du naufrage, il avait laissé éclater son émotion et son indignation en prononçant le mot de “honte” : « En parlant de la paix et de la crise économique mondiale inhumaine, je ne peux pas ne pas rappeler avec une immense douleur les nombreuses victimes du énième naufrage. Un seul mot me vient à l’esprit : honte ! C’est une honte ! Prions ensemble Dieu pour qui a perdu la vie : hommes, femmes, enfants, pour leurs proches et pour tous les réfugiés. Unissons nos efforts pour que ne se répètent pas de semblables tragédies ! Seule une collaboration décidée par tous peut aider à les prévenir. »

 

 

© Source : Zenit. 1er octobre 2014

 

 

 

*****

François aux rescapés de Lampedusa :

“je prie pour les portes fermées”

 

 

Au Vatican, le Pape François a reçu 20 survivants du naufrage du 3 octobre 2013 au large de Lampedusa et 17 de leurs proches pendant une trentaine de minutes. « J’ai du mal à vous parler (…) parce qu’il n’y a pas de mot pour exprimer tout ce que vous avez souffert. On  ne peut que contempler dans le silence, pleurer, et chercher la manière de vous être proche » leur a dit le Pape. François a dit prier pour toutes les « portes fermées » à leur arrivée, pour que les cœurs de tous s’ouvrent aux migrants.

 

En juillet 2013, le pape choisit de faire son premier voyage apostolique sur l’île de Lampedusa au sud de l’Italie. Il dénonça alors «  la mondialisation de l’indifférence » face aux destins brisés de ces hommes et ces femmes qui en raison de la guerre ou de persécutions ont fait le choix de quitter leur maison et leur patrie.

 

Quelques mois plus tard, survient « le drame de Lampedusa ». Le 3 octobre 2013, 368 migrants sont morts noyés dans le naufrage de leur embarcation au large de l’île. Les autorités italiennes, inspirées peut-être par les paroles du Pape, ont pris l’initiative de lancer l’opération « Mare Nostrum » afin de venir au secours des migrants en Méditerranée.

 

Un an plus tard, le pape reste vigilant à la question des migrations et du trafic des personnes. Il n’oublie pas non plus ces hommes et ces femmes qui ont survécu au drame.

 

Au Vatican, dans la pièce attenante à la salle Paul VI, le Pape François a reçu, pendant une trentaine de minutes ce mercredi après-midi, 20 survivants érythréens du naufrage du 3 octobre 2013 et 17 de leurs proches. Des migrants venus de plusieurs pays européens où ils ont été accueillis et où se trouvaient souvent leurs proches, en Allemagne, Suède, Pays-Bas ou Danemark.

 

La délégation rassemblée par le comité du 3 octobre présidé par Tareke Brhane était accompagné de Mgr Konrad Krajewski, l’aumônier du Saint-Siège et du père Giovanni Lamanna, le président du centre jésuite d’accueil des réfugiés à Rome, le centre Astalli, où s’est rendu le Pape le 10 septembre 2013.

 

Un des réfugiés a adressé quelques paroles au Pape en anglais, demandant son soutien et son appui, par exemple pour la reconnaissance des dépouilles qui n’a pas toujours pu se faire. Un autre dans sa langue, a remercié le Pape pour  ses différentes formes de soutien et d’aide vis-à-vis des migrants.

 

Le Pape s’est adressé à eux en italien, visiblement émus :  « Je vous remercie de votre visite, merci beaucoup d’être venu.  J’ai du mal à vous parler parce que je ne sais pas quoi vous dire. Parce que je ressens des choses qui ne peuvent pas s’exprimer, parce qu’il n’y a pas de mot pour exprimer tout ce que vous avez souffert. On ne peut que contempler dans le silence, pleurer, et chercher la manière de vous être proche.

 

J’ai entendu avec attention les demandes que vous avez faites. Pour ma part, je ferais tout mon possible. J’ai demandé au père Giovanni de vous aider beaucoup, et également au père Corrado de vous être proches, afin qu’il vous manifeste ma proximité et la proximité de l’Eglise de Rome, ainsi que de tant d’hommes et de femmes qui ressentent cette tragédie.

 

Les vie des personnes qui doivent émigrer est dure, et quand sur le chemin, il y a des tragédies, c’est plus dur encore. Et quand à la fin, ceux qui sont parvenus à émigrer et à arriver à un port qui semblait sûr voient devant des choses extrêmement dures, comme des portes fermées… tant de fois, on ne sait plus où aller.

 

Il y a tant de femmes et d’hommes en Italie qui ont le cœur ouvert pour vous. Et la porte du cœur est la plus importante dans ces moments, non ? Je demande à tous les hommes et les femmes d’Europe d’ouvrir les portes du cœur. Derrière se trouvent les souvenirs, il y a la Patrie et les morts. Le migrant ne peut pas oublier cela. Cela fait partie de sa vie. Il y a ses ancêtres. Il y a l’Histoire, la Patrie et aussi ses morts dont tu as demandé que les dépouilles soient réunies…

 

Je dirais seulement que je vous suis proche. Je prie pour vous. Je prie pour les portes fermées afin qu’elles s’ouvrent. Tout ce qui est à ma disposition, est à votre disposition. Je voudrais que vous sentiez cet accueil, pas seulement le mien, mais de tant de gens qui vous veulent du bien. Ne doutez pas nous sommes proches de vous. Merci »

 

Au terme de l’audience, le Pape les a salué un à un. Les migrants ont offert à François une sculpture en fer représentant un bouteille en mer à l’intérieur de laquelle se trouve une famille.

 

Une proposition de loi a été présentée récemment pour que le 3 octobre soit reconnu comme « une Journée en mémoire des victimes de la mer ».

 

A l’occasion de leur passage à Rome, certains des survivants ont pu effectuer des tests mis à leur disposition par les autorités italiennes compétentes pour la reconnaissance de dépouilles qui encore aujourd’hui restent non identifiées.

 

 

 

© Source : Radio Vatican. 1er octobre 2014

Share